La précarité chez les jeunes employés des centres d’appels

Présentation du projet :

Au Maroc, comme ailleurs, l’amélioration de l’employabilité des jeunes est une préoccupation récurrente de la recherche et des politiques publiques. Certes, plusieurs mesures et initiatives ont été adoptées par le gouvernement marocain en vue de promouvoir l’emploi des jeunes. Néanmoins, le taux de chômage, surtout des diplômés de niveau supérieur, continue à augmenter ; le chômage de longue durée touche trois quarts des jeunes en milieu urbain ; et il y a une précarisation des conditions de l’emploi des jeunes. Assez souvent, les jeunes sont moins bien rémunérés, ne bénéficient pas de protection sociale et travaillent rarement avec contrat. Selon un rapport du Conseil Economique et Social (CES) : « l’emploi précaire au Maroc serait d’un niveau cinq fois supérieur à la moyenne des pays dits de la zone EMEA (Europe, Middle East and Africa) ».

Au niveau de la présente recherche, il s’agit de travailler sur la précarité de l’emploi chez des jeunes diplômés considérés officiellement comme des actifs occupés et inclus professionnellement. Loin d’une logique de victimisation, la recherche adopte une démarche objective et prend en compte les stratégies des acteurs. L’objectif étant donc, à la lumière du travail de terrain, de caractériser l’emploi précaire dans les centres d’appel dans les deux villes (cadre juridique, contrats, sécurité d’emploi, représentations des acteurs, etc.) en détectant les éléments de convergence et de divergences par ville et par genre de répondants. Le problème de développement étant l’insertion professionnelle précaire des jeunes diplômés. Alors que ces derniers ont le droit, aux yeux du droit national et international, à un emploi digne et stable.

D’où l’intérêt de focaliser notre recherche sur les centres d’appel dans trois villes du Maroc : Casablanca, Rabat et Fès.

Ce projet de recherche a pour objectif de :

Questionner la politique de promotion de l’emploi des jeunes et le degré de précarité de l’intégration professionnelle dans ce type de secteur, qui bénéficie souvent de l’intermédiation étatique (ANAPEC, etc.) et des facilités octroyées aux employeurs (code de travail, fiscalité, frais de sécurité sociale, possibilité de licenciement, etc.).

Comme objectifs spécifiques, le projet vise de :

  • Braquer les projecteurs sur les nouvelles formes de l’emploi précaire des jeunes au Maroc.
  • Evaluer les mesures entreprises par l’Etat pour l’insertion professionnelle des jeunes (principalement diplômés).
  • Caractériser la précarité de l’emploi chez des jeunes diplômés à différents parcours qui mènent vers l’emploi précaire, chez les hommes et les femmes, dans deux régions différentes.
  • Rédiger un policy brief qui synthétise les résultats de la recherche et qui propose des recommandations aux décideurs pour une meilleure insertion professionnelle des jeunes.

L’impact concret de notre étude est de lancer le débat sur la protection des droits des jeunes travailleurs diplômés, sur le rôle du cadre juridique et des bonnes négociations avec les investisseurs, dans la garantie du droit au travail stable et digne. Tout cela, pour le développement du Maroc grâce à ses ressources humaines jeunes et mieux intégrées professionnellement.